L’intuition, une forme d’intelligence qui simplifie la complexité.

Les personnes intuitives apprennent à se connecter à leur corps et à tenir compte de leurs pressentiments.
Par Manuel GASTAMBIDE,
Directeur de l'Ecole du massage intuitif et Somatothérapeute
  • Si vous avez déjà eu mal au ventre à un moment où vous saviez que quelque chose ne tournait pas rond mais ne pouviez pas mettre le doigt dessus, alors vous comprenez que les intuitions peuvent causer des sensations physiques sur le corps. Si nous ressentons les choses dans nos tripes, c’est peut-être parce que, comme le montrent certaines recherches, l’émotion et l’intuition proviennent du « deuxième cerveau » situé dans les intestins. Une piste à explorer…
  • Une définition précise de l’intuition proposée par le management : L’intuition est un processus mental par lequel on évalue des situations et on tire des conclusions sans se baser sur des faits ni sur leur analyse. Il semble qu’elle joue un rôle d’autant plus grand que l’on se trouve devant des décisions présentant un degré élevé d’incertitude et d’ambiguïté.
La mise en veille de nos capacités d’analyse favorise notre intuition, mais n’aide pas à en bâtir une définition. Analyser l’intuition reste une nécessité pour la comprendre et en faire bon usage.
 

L’intuition est une capacité que nous possédons tous. Nous pouvons en développer l’usage par la pratique. Elle nous permet d’accéder à une perception, à une connaissance plus directe, plus intérieure. L’intuition est très facilitante dans deux champs distincts : la prise de décision et la relation à l’environnement au sens large. Elle permet des raccourcis qui nous font gagner du temps. Son intérêt est d’autant plus vif lorsque l’environnement présente une complexité susceptible de noyer notre réflexion.

Pour avancer dans notre compréhension de l’intuition, nous pourrions dire qu’elle est le fait de savoir quelque chose sans avoir aucune idée de pourquoi on le sait. Une capacité différente de la pensée, de la logique ou de l’analyse. Un savoir sans savoir.

L’intuition est aussi un mode de connaissance indépendant de la raison. Elle ne provient pas d’un processus rationnel, d’une réflexion ou d’une déduction, ce qui laisse penser qu’elle ne concerne pas principalement la partie néocorticale du cerveau. Elle s’appuie sur l’accumulation antérieure de connaissances acquises au cours d’expériences (les souvenirs, la reconnaissance de schémas, le conditionnement… ) et sur l’organisation intérieure et inconsciente de cette connaissance.

masseuse intuitive

L’expression de l’intuition procède de façon immédiate et représente une forme de compréhension directe et spontanée. Il s’agit d’accéder à une source qui semble provenir des profondeurs de notre être, et non de l’extérieur. Nous avons, en chacun de nous, des connaissances que nous recherchons généralement dans le monde qui nous entoure. L’intuition serait une voie d’accès à cette source d’informations, d’autant plus insoupçonnée qu’elle échappe à la conscience. C’est ce qui donne son caractère mystérieux à notre intuition et nous fait la relier parfois à toutes sortes de croyances sur sa provenance (mystique, ancêtres, vies antérieures, pouvoir divin… )

Savoir se fier à notre intuition.

Pour pouvoir se fier à notre intuition, nous devons d’abord la distinguer des perceptions provenant de nos émotions et de celles issues de notre intellect. Si notre intuition n’est pas juste, il se peut que ce n’en soit pas une. Il arrive que nos émotions, nos jugements ou nos interprétations entrent en jeu et se mêlent à nos perceptions intuitives. Ce que nous prenons alors pour des intuitions ne sont en fait que l’expression de nos peurs, de nos désirs, de nos a priori ou de nos croyances. Au fur et à mesure de leur apprentissage à l’Ecole du massage Intuitif, les stagiaires apprennent par exemple à discerner de mieux en mieux ce qui peut être de l’ordre de la connaissance intuitive et ce qui relève d’une production de croyances ou d’un désir-à-la-place-de-l’autre qu’il serait tout à fait néfaste de confondre avec une intuition.

En deuxième lieu, il est fondamental de se décaler de la certitude lorsque l’on s’appuie sur l’intuition. Il est sain de toujours garder une place au doute lorsque l’on agit. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il est question d’intuition, du fait qu’elle échappe à la conscience. Ce qui est le plus susceptible d’inadéquation de notre action conduite par l’intuition serait de s’enfermer dans une certitude rigidifiée par notre désir de toute puissance sur l’autre ou sur l’environnement. Si le chemin est erroné, rien de grave tant que l’on s’en rend compte le plus vite possible. C’est la fonction du doute de nous éclairer rapidement sur nos choix erronés. Humilité, donc, devrait rimer avec intuition.

Enfin, séparée de la rigueur de l’analyse, l’intuition est un guide versatile à la fiabilité incertaine et conduit aussi bien au succès qu’au désastre. Pourquoi ne pas combiner nos différentes capacités cognitives et, surtout lorsque la tranquillité d’esprit le permet, pourquoi ne pas reconsidérer nos intuitions à la lumière de l’analyse ? Le feed back d’un client, par exemple, est souvent une bonne assise pour confirmer ou infirmer une intuition qui nous a conduit à lui proposer un choix de technique ou d’approche tactile ou relationnelle.

Ces trois pièges étant écartés, l’utilisation de l’intuition pour comprendre une situation complexe, y faire face et prendre les bonnes décisions, se révèle d’une puissance colossale. Il serait dommage de se priver de cette capacité cognitive.