Le ventredans tous ses états.
"Toucher intuitif et écoute tissulaire"

objectifs

  • Comprendre le ventre, sa musique, sa sensibilité, son anatomie organique et viscérale.
  • Mesurer l’intervention possible de l’écoute tissulaire et du toucher intuitif sur les fonctions digestives.
  • Savoir écouter l’expression émotionnelle du ventre, et l’utiliser comme un guide vers le mieux-être.

Coordination pédagogique :
Benoît Gossay, Bérengère Simoens.

Eligibilité :
Vous pratiquez déjà le massage, l’ostéopathie biodynamique, la fasciathérapie ou la thérapie manuelle.

Déroulement du stage :
En résidence au centre de stage d’Epineuil.
Deux regroupements de 3 journées complètes chacun (48 heures).

Tarif du stage :
Tarif empsi : 740 euros (dont 148 euros d’arrhes).
Tarif normal : 840 euros (dont 248 euros d’arrhes).

Tarif de l’hébergement :
2 nuitées, petits déjeuners : 71€

Prochaines dates disponibles :

Cliquez sur les dates pour réserver :
17, 18, 19 janvier et 14, 15, 16 février 2022

Contacter les intervenants :
Benoît Gossay : 06 14 01 11 01.
Bérengère Simoens : 06 86 72 92 88

Si le cerveau crânien se croit entouré d’un monde appréhendable et contrôlable, le cerveau de notre ventre est en contact avec le mystère du monde. Amnon Buchbinder relevait « le fait que le deuxième cerveau ait été découvert, oublié et redécouvert par la médecine 3 fois au cours du siècle dernier » suggérant à quel point notre relation à notre intelligence corporelle est compliquée.

 

« Le désir d’avoir un ventre en bonne santé engendre le désir du goût de la vie. »
Bernard Darraillans et François Bonnal, in Les 7 cerveaux de notre corps.

Lorsque le sujet est en bonne santé, l’intestin grêle donne sa forme au ventre.

Le ventre, microcosme du macrocosme… Il semble que ces dernières années tout ait été publié sur notre sphère digestive, et pourtant le mystère reste entier. Le ventre nous plonge au tréfonds de ce qui semble être notre inconscient, la part mystérieuse et inconnue de nous. De qui je suis, dans mon entièreté, ma globalité et ainsi de ce que je ne veux percevoir de moi-même ou des évènements passés enfouis en moi, blottis derrière les remparts du diaphragme, porte étanche s’il en est. Le gardien des portes du refoulement.

En effet le diaphragme, joue le rôle de « régulateur émotionnel », comme le constatait Gerda Boyesen, qui exprime de façon plus détaillé sa fonction dans son livre « Entre psyché et soma » : « Si nous imaginons que l’énergie instinctuelle, émotionnelle, monte depuis les profondeurs des paroies intestinales, nous pouvons comprendre l’importance du diaphragme. En effet, lorsqu’il se contracte et s’abaisse, il empêche la montée de l’énergie de la cavité thoracique, et en conséquence, vers les zones d’expression émotionnelle : la tête, les bras, les mains. Inversement, lorsque nous choisissons d’exprimer une émotion, le diaphragme pulse et en quelque sorte pompe l’énergie de la cavité thoracique et l’envoie vers les zones d’expression ».

Gerda Boyesen : « A l’arrière-plan de chaque restriction respiratoire pouvaient se trouver des conflits émotionnels très intenses ou même des traumatismes. »

Sous le diaphragme, se poursuit le canal alimentaire. Le canal du « ça » prend la forme de l’estomac, espace de rumination par excellence, et se continue par l’intestin grêle où le non-soi devient soi. En effet, ce qui se trouve dans la lumière intestinale, le chyme (bouillie alimentaire formée par le bol alimentaire à la sortie stomacale) est à l’intérieur de notre corps, mais il reste extérieur à notre organisme. La digestion physique et émotionnelle fait place à l’absorption : j’intègre l’information à moi, elle devient une part de moi, de mon histoire, de mon vécu, ou je la rejette : sous forme de selles. Mais il peut y avoir un entre deux, un nœud psychique ou émotionnel qui prendra la forme de spasme, de syndrome de l’intestin irritable véritable névrose intestinale, où le péristaltisme se trouve perturbé voire bloqué (constipation). Gerda Boyesen introduit la notion de Psychopéristaltisme : « les mouvements spontanés des muscles lisses des intestins ont une double fonction : celle d’aider à la digestion des aliments et celle d’aider à la digestion des tensions ».

L’intestin est avant tout un organe sensoriel, c’est notre intériorité sensitive. Giula Enders constate que « les signaux en provenance de l’intestin peuvent arriver dans différentes zones du cerveau mais pas dans toutes… les informations arrivent dans le cortex insulaire, dans le système limbique, dans le cortex singulaire antérieur. On peut résumer le rôle de ces régions comme suit : perception du moi, gestion des sentiments, moralité, peur, mémoire et motivation. ». Pour Michel Neunlist de l’Institut des maladies de l’appareil digestif de Nantes, « le nom de 2ème cerveau est finalement un nom qui est un peu usurpé ». Il le considère comme le premier cerveau, voire le cerveau originel. En effet, les organismes primitifs pluricellulaires étaient composés d’un tube digestif et c’est au sein de ce tube digestif que s’est développé ce système nerveux entérique.

 

La thérapie est simplement une manière d’aider l’organisme à s’aider lui-même.

Benoit Gossay, masseur-kinésithérapeute, praticien en toucher intuitif et coach en méditation pleine conscience :

Le praticien en massage ou en toucher intuitif qui s’intéresse au ventre prend conscience que ses outils thérapeutiques apportent un profond mieux-être. Par sa qualité de présence et ses techniques, l’intention du praticien entre en résonance avec celle de la personne et stimule ses capacités d’auto-régulation, redonne du mouvement dans la tranquillité : le massage, le toucher se veut avant tout message !

Accueillant l’inélasticité tissulaire, la rigidification et l’apnée respiratoire, le praticien séduit la résistance tout en la respectant. Il accueille la montée des émotions, souvenirs et des conflits refoulées, les décharges végétatives et émotionnelles sous leurs différentes formes : tremblements, larmes, cris, accompagnés parfois de vomissement ou de diarrhée dans les heures suivants la séance. Bâillements, éructations, flatulence, rire quand il y a plus de douceur. Le praticien laisse les émotions surgirent d’elles-mêmes et se décharger, il ne force pas : si la libération émotionnelle ne vient pas, elle viendra demain… Le praticien écoute le murmure viscéral, intestinal, qui le guide à travers les cuirasses viscérales : les sons mécaniques ou aquatiques, les bruits de tonnerre et de vent révèlent le « psychopéristaltisme » et le processus de digestion neurologique. Le massé/touché se dépose et voyage dans un état de conscience modifiée, s’il a déposé ses besoins de contrôler, de maîtriser. De la surface du ventre, au fur et à mesure de la libération des tensions, nous plongeons vers la profondeur de l’intestin grêle, ce viscère qui donne à lui seul la forme du ventre (quand l’estomac n’est pas surchargé ou distendu…). Le massé/touché qui a pris l’habitude de refouler ses traumatismes, ses conflits et émotions se sent fondre, il sent au fur et à mesure de l’échange, de la prise en charge, son dos se déposer au niveau de sa colonne lombaire, son bassin se relâcher et sa respiration devenir plus harmonieuse : l’ampliation abdominale augmente et se prolonge en fluidité dans la région thoracique et claviculaire.

Pendant le temps de partage post-pratique, il se peut qu’à la question « avez-vous eu des ressentis ou perceptions particulières ? », la réponse soit abrupte et directe : « Non, rien… ». Alors le praticien sourit, car le ventre, lui, loin de se taire, lui a narré toute une histoire, voire des histoires, chuchotées au bout des doigts. Alors viendra la décision, avec justesse et centrage de verbaliser ou non ce conte.

Aborder le ventre et explorer le ventre et simplement une manière d’aider l’organisme et donc l’humain à s’aider lui-même, à stimuler les processus d’auto-régulation du soma et de la psyché. Et comme le dit si bien Gerda Boyesen : « Je suis, en tant que thérapeute, simplement quelqu’un qui facilite la compréhension de la vie profonde : c’est toujours le patient qui explore et découvre. ».

 

Bérengère Simoens, relaxologue, somatothérapeute :

J’interviens avec Benoit pour vous amener à incarner le ventre dans tous ses états.

Et c’est peu dire en effet, de cet espace aux multiples facettes qui sait se faire entendre à la moindre émotion, qu’elle soit douce ou amère. Le ventre… Certains le présentent comme notre premier cerveau, d’autres parlent de l’idée de « sentir avec son ventre » et, en effet, ce dernier ne ment jamais. Nos tripes ! Soyez sûr qu’il est le noyau central de nos aspirations, regrets, besoins et limites. Un instrument qui vibre à la moindre secousse, encore faut-il réussir à décrypter ses notes… Investir son ventre, zone si vulnérable et sensible, quel chalenge !

Proposer un espace de travail autour du ventre me semble primordial pour mieux vivre, pour mieux SE vivre ! Découvrir cet espace si grand et compact à la fois, qu’on aurait plutôt tendance à vouloir faire taire. Un ventre porté par le dos, qui, à force d’être rejeté vous fera sentir tout le poids de votre propre dénie à son égard.

Donner de l’espace à ses émotions, à sa vulnérabilité, apprivoiser cette zone si intimidante et soulager le dos.

Par une approche somatothérapeutique, vous allez partir à la rencontre de vos viscères, de votre diaphragme et de leurs tensions physiques et émotionnelles. Vous allez découvrir leur pleine expression et pouvoir faire corps avec la notion de libération émotionnelle et de résistance potentielle. Ces espaces de travail vous permettront d’être à même d’accompagner les autres dans leur propre processus viscéral, conscient de toute l’immensité qui s’y trouve et des cadres de travail possibles.